Cette semaine c’est la crainte de l’inflation qui a agité les marchés. Je vous l’avais déjà dit dans un billet précédent : l’inflation, c’est comme le dentifrice et les méchancetés : une fois que c’est sorti on ne peut pas revenir en arrière.

Oui bon c’est facile de faire des métaphores, mais essayons un peu de comprendre ce qui se passe.

Tout part des Banques Centrales (BCs). Une BC, c’est la responsable de la monnaie d’une Zone monétaire. Au départ, la BC était là pour assurer la circulation de la monnaie en jugulant la quantité de monnaie en circulation. Mais après y’a eu 2008. Alors les BCs ont montré les muscles et sont intervenues sur les marchés. Ces politiques non conventionnelles ont un nom : le Quantitative Easing (QE, souvent prononcé Kantativizing par ton oncle raciste qui croit qu’il s’y connait en finance de marché parce qu’il a acheté des actions EDF lors de son introduction en bourse).

Ces politique non conventionnelles, tout le monde s’y est habitué. Jusqu’ici tout va bien, on a mis derrière nous les Subprimes, on est en train de se sortir du Covid.

Les opérateurs de marché sont tellement habitués à ces interventions qu’ils ont presque oublié le rôle premier des BCs : juguler l’inflation en la maintenant entre 0% et 2%. Aussi parce que c’était assez bien fait. Mais ces dernières semaines la situation s’est complexifiée : pénuries, incertitudes sur la construction du monde d’après, effets d’assiette perturbants (difficile d’avoir des repères quand l’année précédente c’est 2020), marchés financiers en bonne santé malgré tout cela.

Bref les BCs sont à la croisée des chemins. Les Dovishs veulent maintenir la perfusion pour que les taux soient toujours aussi bas, et que les nouveaux capitaux n’aient d’autre choix (TINA – There Is No Alternative) que d’aller vers les marchés actions. De l’autre côté, les Hawkishs sont chauds pour que les BCs resserrent les robinets (le Tapering), vu que l’inflation repart et que les marchés fonctionnent à peu près normalement.

D’autant plus que tout le monde a un avis sur l’inflation, mais que personne ne peut dire vraiment ce qu’il faut faire. Certains estiment qu’une inflation maîtrisée entraine un cercle vertueux Croissance -> Inflation -> hausse des salaires -> croissance… D’autres estiment qu’une inflation disparate (pétrole et semi-conducteurs, mais pas Agriculture ni Services) ne pourra pas se déverser vers les salaires.

Depuis 2008, ce sont les Banques Centrales qui donnent la direction des marchés. Les conséquences de cela :

  • les taux bas qui ont permis à beaucoup de monde de profiter de crédits intéressants (appelez moi si vous en voulez un !) ;
  • des marchés à sens quasi unique (quand les taux baissent, presque tout monte) ;
  • une inflation maîtrisée

Est-ce que la récré est finie ? La plus grande menace en tout cas vient des banques centrales : si une d’entre elles part dans la mauvaise direction alors que les autres sont dans le vrai, alors elle enverra sa zone monétaire dans une période de krach ou d’inflation non maîtrisée.